Salle de musique
Tours
2011

          Implantée dans un site qui conjugue la laideur des zones périphériques commerciales et d’activité à l’ennui des quartiers planifiés contemporains, notre proposition est une réflexion sur la condition monumentale dans un environnement distendu et non orienté. La monumentalité dans la ville traditionnelle repose la plupart du temps sur une relation de frontalité entre un espace public et un bâtiment.

          Pour prendre place naturellement dans cet assemblage hasardeux de bâtiments commerciaux bas de gamme entourés de nappes de parkings, entre bowling, cinéma multiplexe et centre commercial, notre projet joint deux rues l’une à l’autre plutôt que de s’adresser frontalement à un espace public en particulier. Plutôt que d’être orienté il possède quatre façades différentes, hiérarchiquement équivalentes. Le bâtiment est composé suivant un plan agglutiné accueillant aux ajouts hasardeux ; son volume provient du sol sur lequel il est posé plutôt que de l’immense quantité de vide dans laquelle il est noyé. Volume impur résultant de cet environnement corrosif il évoque l’assemblage complexe médiéval.

          Lieu de création et de diffusion, le bâtiment abrite les salles de répétition de quatre ensembles de musique ancienne tourangeaux et une salle de spectacle conjointement destinée aux musiques anciennes (XIIe-XVIIe siècles) et à la musique expérimentale et improvisée contemporaine. L’organisation du bâtiment transpose spatialement ce pont temporel musical : plutôt que de s’ouvrir directement sur le vide non qualifié et la médiocrité d’un environnement qui procède de valeurs inverses de celles qui sous-tendent les activités de musiciens qui dédient leur vie à la concentration sur un sujet non commercial, les espaces dédiés à la musique s’ouvrent sur des pièces extérieures qui sont autant de transpositions des jardins enclos médiévaux. Il est ainsi possible de répéter directement à l’extérieur ou à l’intérieur en bénéficiant de vues sur un environnement extérieur contrôlé. Seul, le café concentre les deux types d’ouvertures du bâtiment : une vue directe sur le multiplexe voisin, cadrée dans une large baie, d’une part, et une terrasse en forme de jardin enclos d’autre part.

          La salle de 550 places a une volumétrie intérieure simple et intelligible partiellement perçue de l’extérieur. Elle met en œuvre une acoustique variable avec des moyens financiers et techniques très limités : son revêtement de panneaux de contre-plaqué est complété de surfaces réverbérantes ou absorbantes qui coulissent à la demande derrière un large bandeau situé en partie haute des murs de la salle, afin de faire varier aisément le temps de réverbération pour l’adapter respectivement aux musiques acoustiques anciennes et aux musiques électro-acoustiques contemporaines.

          La scénographie, fondée sur des blocs de gradins sur roues manipulables par deux personnes, autorise de nombreuses configurations mises en œuvre en peu de temps. 

Budget :
6 M€HT
Surface :
2 000 m²
Maître d'ouvrage :
Conseil Régional du Centre
Statut :
non construit
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