365 logements étudiants
Paris
2007 - 2017

          La résidence étudiante de la Tombe-Issoire est une réflexion sur la monumentalité domestique, cette condition dans laquelle un immeuble de logements passe une certaine masse critique pour engager, de par ses dimensions, un rapport monumental de fait à l’espace public.

          Les 365 logements sont construits au-dessus d’un parking et d’un centre de réparation des bus de la RATP, entreprise en charge des transports publics parisiens, de sorte qu’il s’agit d’un programme quasiment dénué de rapport au sol naturel de la ville.

          Le projet prend la forme d’un bâtiment linéaire de 100 m de long. Chaque étage en est différent en raison de l’enchaînement oblique d’une série d’espaces communs en double hauteur disposés à chaque niveau – salles de travail, cafétéria, etc. Cette cascade d’espaces collectifs ménagée dans la masse des espaces intimes des logements est desservie, côté rue, par un ascenseur oblique qui renvoie à l’imaginaire des transports attaché au groupe RATP qui est maître d’ouvrage. Côté intérieur de la parcelle, les espaces communs sont prolongés par des pièces extérieures encloses de murs et ouvertes sur le ciel, offertes à l’improvisation de la vie.

          Les logements sont desservis par des coursives extérieures qui se transforment en couloir. Larges de 2,50 m, ils sont issus d’une double réflexion sur la nécessité de définir des zones fonctionnelles distinctes pour en agrandir la taille perçue, et d’intégrer les surfaces supplémentaires rendues nécessaires par l’application des normes d’accessibilité des personnes handicapées aux espaces de vie du logement, en faisant des salles de bains des pièces centrales.

          Le bâtiment est analogue à une ville condensée à la verticale dont les coursives et couloirs seraient les rues, les logements les maisons, les espaces communs les bâtiments publics, les pièces extérieures les places qui commandent ces dernières, et l’ascenseur incliné le système de transport en commun. La résidence réinterprète l’imaginaire typologique du Mouvement moderne, dont certains des plus beaux exemples sont construits de l’autres côté de la rue, dans la Cité internationale universitaire (pavillons suisse et du Brésil de Le Corbusier, maison des Pays-Bas de Willem Marinus Dudok, etc.). Mais elle est un authentique immeuble issu de la culture urbaine parisienne, notamment à travers la tectonique stable que lui confère le béton coulé en place, tout en étant intégralement vitrée, à l’instar de certains hôtels particuliers du XVIIe siècle français qui sont de véritables grilles de pierre très largement percées.

Budget :
26,7 M€HT
Surface :
13230 m² logements ; 12092 m² centre bus
Maître d'ouvrage :
Logidev
Statut :
en chantier
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